L'allégorie des forces sauvages
Les textes prophétiques utilisent l'image des «chevelus» non pas comme une description littérale, mais comme un puissant symbole d'une force sauvage et non civilisée, étrangère à un monde ordonné. Dans ce contexte, les longs cheveux indomptés servent de métaphore aux barbares – ceux que l'on associait dans l'Empire romain à des forces étrangères, dangereuses et dévastatrices. Ainsi, dans l'une des sources, il est dit :«Des cheveux longs, «comme ceux des femmes» — c’est une allusion plus évidente pour la majorité des lecteurs de Jean : tous, dans l'Empire romain, savaient que, contrairement à la plupart des gens de la société gréco-romaine, les «barbares» en dehors de l’empire portaient de longs cheveux...» (source : lien txt)Cette allusion a pour but d'éveiller chez le lecteur un sentiment de menace et d'étrangeté, soulignant que les forces imminentes décrites dans les prophéties possèdent une puissance brute et naturelle, semblable à la sauvagerie du règne animal. De la même manière, les images de la crinière épaisse du lion et des poils en désordre ou des touffes, mentionnées dans un autre extrait, renforcent l'association avec une force primitive et une destruction inévitable :«Les lions se plaisent dans leur crinière épaisse, qui leur sert de protection lors des combats. Et les sangliers, avec leur bouclette, se réjouissent, tandis que leur pelage hérissé inspire la peur aux chasseurs. Quant aux moutons laineux, ils foisonnent de vitalité sous forme de touffes ébouriffées.» (source : lien txt)Ainsi, la mention des «chevelus» dans les descriptions prophétiques symbolise une force indomptable et sauvage, ainsi que l'altérité et la menace émanant de ceux qui se trouvent au-delà de l'ordre habituel et de la civilisation. Cela crée l'image d'un chaos imminent, capable de détruire et de dévaster, ce qui constitue le message fondamental de ces textes prophétiques.