L'illusion de l'infini

Les gens ont tendance à oublier la brièveté de la vie, car ils sont envahis par une fausse impression d’un temps illimité. Ils sont persuadés qu’ils auront toujours de nombreux jours devant eux, et cette conviction les incite à dilapider leur temps sans réfléchir à sa finitude. Dans l'une des sources, il est écrit :

« Nous pensons que le temps qui nous est accordé sera toujours à notre disposition, et c'est pourquoi nous le gaspillons avec une générosité ivre. Nous pensons que tout le temps est encore à venir, et quand la mort survient, nous constatons que le temps est épuisé, comme une pelote de laine déroulée. L'oubli inévitable de la mort et de la finitude du temps nous cloue, comme si nous étions littéralement fixés au sol. Et, en substance, nous nous livrons volontairement à la mort en nous accrochant à l'éphémère, à ce qui ne peut être retenu. Le sixième commandement dit : Tu ne tueras point (Ex. 20, 13). Mais nous le transgressons sans cesse, car nous tuons continuellement notre propre esprit. En cédant au pouvoir du temporel, de l’impermanent, du changeant et, en fin de compte, du mortel – qui lui-même est soumis à la décrépitude – nous prononçons notre sentence sur notre âme. En oubliant la mort, nous oublions l’éternité et nous nous privons ainsi de la vie éternelle. » (source : lien txt)

Cette orientation se manifeste dans le comportement de l’individu de la manière suivante. En prenant conscience (ou plutôt, en n’étant pas conscient) de la limitation de son existence, l’homme se lance dans la recherche de plaisirs temporaires, dispersant ainsi son énergie dans la quête de satisfactions immédiates. Il tend à ignorer les valeurs durables et le développement spirituel, préférant se livrer à ce qui offre une gratification instantanée. Le refus de considérer la finitude de la vie conduit à une négligence tant vis-à-vis de son propre temps que dans la manière dont il organise son existence, tout comme les biens matériels et les plaisirs de surface éclipsent les valeurs éternelles.

Une autre source souligne l'importance de prendre conscience de la finitude de son être :

« Seul celui qui s’est imprégné de la pensée de sa propre fin, disait un certain Père vénérable, peut mettre fin à ses péchés. Lève-toi de ton lit, comme ressuscité des morts ; couche-toi sur ton lit, comme si tu reposais dans un tombeau : le sommeil est l’image de la mort, et l’obscurité de la nuit est l’augure de l’obscurité funéraire, après laquelle resplendira la lumière de la résurrection, joyeuse pour les serviteurs du Christ et terrifiante pour ses ennemis. Tout comme un épais nuage, bien que composé de fines particules, peut obstruer la lumière du soleil, les plaisirs charnels, la dispersion et les futilités terrestres occultent, aux yeux de l’âme, la majestueuse éternité. » (source : lien txt)

Cette citation montre que ce n’est qu’en prenant conscience de la fin de son chemin que l’homme peut faire des choix plus éclairés, et sans cette conscience, il se prive de la chance de vivre en accord avec des valeurs éternelles. Ainsi, en oubliant la brièveté de la vie, l’homme semble fermer les yeux sur la véritable valeur du temps, transformant son existence en un flot de plaisirs éphémères et d’actions désordonnées, ce qui aboutit finalement à des actes dénués de sens et de profondeur.

En résumé, on peut dire que les gens tendent à ignorer la finitude de leur temps parce qu’ils sont convaincus de son infinité, et cette croyance se manifeste dans leur attitude insouciante face à la vie : ils dilapident leur temps sur des plaisirs fugaces, sans se soucier de l’éternel et du profond.

Supporting citation(s):
« Nous pensons que le temps qui nous est accordé sera toujours à notre disposition, et c'est pourquoi nous le gaspillons avec une générosité ivre... En oubliant la mort, nous oublions l’éternité et nous nous privons ainsi de la vie éternelle. » (source : lien txt)
« Seul celui qui s’est imprégné de la pensée de sa propre fin, disait un certain Père vénérable, peut mettre fin à ses péchés... et les plaisirs charnels, la dispersion et les futilités terrestres occultent, aux yeux de l’âme, la majestueuse éternité. » (source : lien txt)

L'illusion de l'infini

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