L'unité sacrée de la foi
L'Église ne persécutait pas les hérétiques parce qu'elle rejetait l'essence de l'Évangile, qui prône l'amour du prochain, mais parce que l'unité de la foi était pour elle la pierre angulaire du salut de la société et de ses croyants. Selon l'enseignement officiel, tolérer l'hérésie risquait de détruire la communion spirituelle, perçue comme une menace tant pour la pureté spirituelle que pour l'ordre public. En d'autres termes, le véritable amour s'exprimait non seulement par la vertu dans les rapports avec autrui, mais aussi par le souci de l'unité de l'Église, qui devait rester inébranlable et exempte d'éléments « destructeurs ». Ainsi, selon les représentants de l'Église, la persécution rigoureuse des hérétiques était considérée comme un moyen légitime de préserver cette foi unique, même si ces mesures contredisaient l'appel spirituel universel à l'amour.Un argument en faveur de cette position est le suivant :« L'Église persécutait systématiquement les hérétiques pour affirmer l'unité de la foi et éliminer la menace d'une division intérieure. Ceci se traduisait par diverses mesures juridiques et des sanctions sévères pour ceux qui transgressaient les principes de la foi. Les sanctions pouvaient atteindre leur paroxysme, incluant la peine de mort par le bûcher si une personne était reconnue coupable de blasphème ou d'hérésie, comme ce fut le cas dans le Concilier de 1649 et dans les règlements navals du XVIIIe siècle. » (source : lien txt)Ainsi, malgré le commandement d'aimer son prochain, dans l'interprétation officielle de l'Église, préserver la pureté spirituelle et l'unité était considéré comme l'expression suprême de l'amour envers Dieu et le prochain – même si cela impliquait des mesures drastiques contre ceux qui prêchaient des déviations par rapport aux normes canoniques.