De la justice antique au pardon chrétien

Le commandement «œil pour œil, dent pour dent» trouve ses racines dans la loi de Moïse, où il servait de mesure pour limiter la vengeance. Dans ces textes anciens, l’objectif n’était pas d’encourager une vendetta sans fin, mais bien d’instaurer le principe d’une rétribution équitable afin de protéger la société contre une violence excessive. Ainsi, il est dit :
«La même loi imposait aux anciens de la ville de saisir celui qui, ayant commis un meurtre intentionnel en se réfugiant, devait être livré entre les mains du vengeur pour le sang, afin qu’il soit mis à mort (Deut. 19, 12). Toutefois, afin de mettre fin à l’arbitraire du vengeur, Moïse, dans la loi répétée dans ses trois livres, permettait à ce dernier d’infliger à celui qui lui était livré le même mal qui lui avait été causé, mais pas davantage. Rends la vie pour la vie, l’œil pour l’œil, la dent pour la dent, la main pour la main, le pied pour le pied, la brûlure pour la brûlure, la plaie pour la plaie, le coup pour le coup.»

Parmi les anciens commentaires figure également l’observation de Jean Chrysostome :
«Écoutez ce qui a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. En effet, si vous réfléchissez à ceux qui ont entendu ce commandement, à l’état d’esprit dans lequel ils se trouvaient et au moment où ils ont adopté cette loi, alors vous reconnaîtrez la sagesse du Législateur...»

En ce qui concerne l’application moderne de ces principes, les pratiques religieuses, notamment dans la tradition chrétienne, interprètent cette loi non pas comme une prescription pour une vengeance littérale, mais comme un mécanisme juridique historique destiné à contenir l’arbitraire. L’enseignement du Nouveau Testament déplace l’accent du châtiment vers le pardon et le renoncement à la vengeance. Par exemple, il est clairement indiqué :
«Le Seigneur dit : Il a été dit aux anciens : œil pour œil, et dent pour dent. Mais je vous dis de ne pas résister au mal. La loi, en mesurant la peine, impose une souffrance équivalente, permettant aux offensés de rendre autant de mal qu’ils ont subi, afin qu’en craignant de subir de nouveau la même épreuve, ils préviennent l’acte malfaisant.»

On note également que l’idée d’une rétribution équitable était destinée à un contexte historique précis, lorsque les juges et les anciens l’utilisaient pour éviter que la vengeance ne se transforme en une vendetta sanglante. Plus tard, avec l’avènement des enseignements de l’Évangile, l’accent s’est déplacé vers l’éradication du cycle de la violence, puisque «la vengeance n’était pas la fin, mais le commencement de plus grands malheurs», et c’est grâce à l’Évangile que «l’élan du mal a été arrêté».

Ainsi, ce commandement puise ses origines dans la régulation juridique et morale de l’ancien Israël et, dans les pratiques religieuses modernes, notamment chrétiennes, il est perçu comme une norme historique qui s’est transformée en un principe de pardon et de renonciation à la vengeance.

Citations à l’appui :
«La même loi imposait aux anciens de la ville de saisir celui qui, ayant commis un meurtre intentionnel en se réfugiant, devait être livré entre les mains du vengeur pour le sang, afin qu’il soit mis à mort (Deut. 19, 12)... Rends la vie pour la vie, l’œil pour l’œil, la dent pour la dent, la main pour la main, le pied pour le pied, la brûlure pour la brûlure, la plaie pour la plaie, le coup pour le coup.» (source: lien txt)

«Écoutez ce qui a été dit : œil pour œil, et dent pour dent...» (source: lien txt)

«Le Seigneur dit : Il a été dit aux anciens : œil pour œil, et dent pour dent. Mais je vous dis de ne pas résister au mal. La loi, en mesurant la peine, impose une souffrance équivalente, permettant aux offensés de rendre autant de mal qu’ils ont subi, afin qu’en craignant de subir de nouveau la même épreuve, ils préviennent l’acte malfaisant.» (source: lien txt)

«La vengeance n’était pas la fin, mais le commencement de plus grands malheurs, lorsque l’offensant et le vengeur tombaient dans une inimitié irréconciliable ; et ce qui était sage dans la loi, que le Législateur avait établi pour prévenir les chutes dans le péché, devenait le prétexte du péché. Ainsi, quand tant de maux se reproduisit, l’Évangile, étouffant comme un feu qui s’éteint, a stoppé l’élan du mal.» (source: lien txt)

De la justice antique au pardon chrétien

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