Évolution des croyances orthodoxes
La réponse repose sur une série de facteurs qui, cumulativement, ont contribué à l'écart entre l'enseignement du christianisme orthodoxe et les premiers commandements du Christ.Premièrement, une influence considérable a été exercée par les différences socio-historiques et idéologiques culturelles entre la partie orientale (grecque) et occidentale (latine) de l'Empire romain. Ces divergences, aggravées par des événements politiques (la division de l'Empire après Constantin, la scission définitive après Théodose et la trahison de Byzance), ont mené à l’émergence de diverses orientations dans la pensée et la pratique chrétiennes. Comme le souligne l'une des sources : « Enfin, parmi les facteurs déterminants de la spécificité des divers enseignements du christianisme antique, il convient de mentionner la divergence croissante entre le christianisme occidental (latin) et oriental (grec), prédestinée par l’inadéquation initiale des conditions socio-historiques et idéologiques des deux parties de l’Empire romain, et accélérée par des événements politiques tels que la première division de l’Empire en Orient et en Occident après Constantin, sa division définitive après Théodose et la trahison de Byzance lors de la conquête de l’Empire occidental par les barbares germaniques.» (source: lien txt)Deuxièmement, la transformation de l'enseignement s'est opérée sous l'influence de la philosophie hellénistique, notamment l'aristotélisme et le platonisme, ainsi que par les interprétations théologiques apportées par l'origénisme. Selon Garnak, ces influences remplaçaient en fait le christianisme authentique à partir du IVe siècle et au-delà : « Les facteurs par lesquels Garnak cherche principalement à expliquer l'origine et le développement des phénomènes ecclésiastiques de cette époque [...] il attribue, d'une part, la cause à la philosophie grecque sous la forme de l'aristotélisme et surtout du platonisme, et d'autre part à l'origénisme, le système théologique d'Origène.» (source: lien txt)Troisièmement, il convient de noter les processus internes à l’Église, lorsque les convictions personnelles et les préférences culturelles ont commencé à influencer l'interprétation de l'enseignement sacré. Les individus cherchaient à concilier cet enseignement avec leurs propres visions et notions morales, ce qui les a progressivement éloignés de son essence originelle : « Par exemple, certains chrétiens ne peuvent accepter l’éternité des tourments infernaux, car leur, dite « intelligibilité », ne leur permet pas de concilier l’existence de l’enfer avec la miséricorde divine. D'autres estiment que le christianisme ne peut se réaliser que, par exemple, sous la forme d'une monarchie. Ces conceptions, ainsi que bien d’autres mythes, poussent les gens à imaginer Dieu tel qu'ils préfèrent le concevoir.» (source: lien txt)Enfin, l'émergence de divers courants hérétiques et sectaires, tels que le gnosticisme et le nicolaïsme, a également joué son rôle. Ces mouvements, qui rejetaient certains aspects essentiels de l'incarnation et de la tradition apostolique, ont contribué à l'écart par rapport à la vérité inscrite dans l'Évangile : « À l'époque de l’apôtre Jean, tout comme au XVIe siècle, une réforme apparut sous la forme d’une foi purifiée et d’un culte spirituel de Dieu, sans manifestations visibles. Il s’agit du soi-disant gnosticisme, du grec « gnosis » – connaissance. Parallèlement, apparurent également des dérivés de cette foi spirituelle : les docètes, qui rejetaient l’incarnation, et les nicolaïtes, qui manifestaient un désintérêt pour le concret…» (source: lien txt)Ainsi, l'écart par rapport à l'enseignement originel du Christ dans le christianisme orthodoxe s'explique par une combinaison de facteurs politico-culturels externes, l'influence de la philosophie hellénistique et ses orientations, ainsi que par des processus internes d'adaptation et de fragmentation de la doctrine. L’ensemble de ces raisons a conduit à ce que la tradition apostolique soit dénaturée et perde sa pureté originelle.