L'Éthique Transformatrice du Karma Bouddhiste
La notion de karma dans le bouddhisme repose sur la compréhension des relations de cause à effet, selon laquelle chaque action consciente, chaque pensée ou parole laisse une empreinte dans la «mémoire profonde» de l'individu, déterminant ainsi son existence future. Autrement dit, tout acte intentionnel modifie le monde intérieur de l'acteur et engendre des conséquences qui se manifestent dans les vies suivantes. C'est pourquoi le karma est souvent perçu comme une loi morale de rétribution : les bonnes actions mènent à des résultats favorables, tandis que les mauvaises entraînent la souffrance. L'une des sources l'explique ainsi : « Le karma est généralement compris comme la loi morale de la rétribution, dans laquelle l’individu récolte les conséquences de ses actions passées, bonnes ou mauvaises, dans une nouvelle vie sous forme de bonheur ou de souffrance... Il est important de comprendre que les enseignements bouddhistes mettent l’accent sur le changement et l’amélioration de l’âme par l’accumulation d’actions bienfaisantes, afin de finir par rompre la samsara et atteindre le nirvana. » (source : lien txt)De plus, le bouddhisme comporte des éléments supplémentaires qui élargissent la notion de loi karmique purement mécanique. Cela est particulièrement notable dans la doctrine du Mahayana, où, en plus de la compréhension habituelle des causes et des conséquences, des concepts tels que la conscience accumulée (l’enseignement des Yogācāra) et la possibilité de transfert du karma – c’est-à-dire la transmission de mérites (puṇya) d’un être à un autre – sont introduits. Cela confère à la doctrine du karma un caractère à la fois plus multiforme et éthique, soulignant non seulement les actes individuels, mais également leur influence sur autrui, et servant ainsi à l’amélioration personnelle et à l’aide de tous les êtres sensibles sur le chemin de la libération. Ceci est expliqué dans le passage suivant : « La doctrine du karma dans le bouddhisme du Mahayana présente certaines caractéristiques spécifiques. Ici, contrairement aux déclarations opposées, se retrouve en partie la pseudo-« identité » rejetée dans le bouddhisme orthodoxe comme une localisation des graines karmiques et de leurs fruits — tel que le prône l’enseignement des Yogācāra sur la conscience accumulée (alayavijñāna) ; une autre innovation est la reconnaissance de l’enseignement sur le transfert du karma — la possibilité pour un bodhisattva de transmettre ses mérites (puṇya) à autrui, ce qui représentait une divergence fondamentale par rapport à la soteriologie purement individualiste du bouddhisme classique. » (source : lien txt)Ainsi, la notion bouddhiste de karma englobe à la fois une loi universelle de cause à effet, déterminant l’harmonie entre les actions et leurs conséquences, et des éléments supplémentaires qui lui confèrent un caractère éthique et transformateur, particulièrement dans le cadre de la tradition Mahayana où jouent un rôle clé les notions de transmission des mérites et de profonde transformation intérieure pour atteindre la libération.