Les Racines Conflictuelles de Riga

Les sources historiques démontrent l'ambiguïté des dates de fondation de Riga en raison des différentes interprétations des événements clés de l’époque, où l’activité missionnaire et militaire s’entremêlaient dans le processus de formation de la ville. D’une part, une source explique que « aux alentours de 1186, un prédicateur allemand de la foi romaine, MeinGard, se rendit en Livonie. Il demanda au prince de Polotsk, Vladimir, l’autorisation de convertir les Chud au christianisme et rencontra le succès : il baptisa de nombreux païens, certains de son plein gré, d’autres sous la contrainte, construisit pour eux une église à Ikksule (non loin de l’actuelle Riga)… Le troisième d’entre eux, Albert, fonda en 1200 la ville de Riga, et l’année suivante (1201) l’Ordre des Chevaliers du Christ, ou des épée porteurs, non seulement pour répandre la foi parmi les païens, mais aussi dans le but de déposséder les Russes et de soumettre ce pays à sa domination » (source : lien txt). Ceci illustre comment les efforts missionnaires initiaux de MeinGard, visant à convertir la population locale, ont servi de prélude à une organisation ultérieure d’activités politico-militaires plus ciblées par Albert, générant ainsi des divergences dans le datage de la fondation de Riga.

D’autre part, une autre source affirme que « au sud du golfe de Finlande, l’initiative appartenait aux Allemands. Le centre de l’expansion missionnaire fut Riga, fondée aux alentours de 1198 par des commerçants de Brême. C’est à Riga qu’atterrit l’évêque allemand Albert, à la tête d’une armée de croisés allemands et danois ; en 1207, les Hohenstaufen le reconnurent comme seigneur féodal de Lettonie. Afin d’élargir son pouvoir, Albert fonda un nouvel ordre monastique et militaire, les « Chevaliers aux épées », connus aussi sous le nom de « Chevaliers livons », ayant pour mission la conversion des païens » (source : lien txt). Cette interprétation souligne l’importance des intérêts commerciaux et militaires allemands, en mettant en exergue le rôle des commerçants de Brême et le développement graduel du pouvoir qui influença également l’établissement du noyau de Riga.

De plus, une troisième source rappelle que « l’évêque MeinGard, qui s’était consacré à l’œuvre apostolique parmi les Lettons et fut rapidement ordonné évêque de Livonie, vit la fondation de Riga et l’activité d’Albert comme une nouvelle page dans la christianisation de la région. Pendant presque tout le XIIIe siècle, l’Ordre des épée porteurs étendit son influence sur de nouveaux territoires et tribus (zemgales, cours, seles, latgales) en les convertissant au christianisme » (source : lien txt). Ce passage souligne que le processus de formation du noyau urbain fut étroitement lié à une longue activité missionnaire, dont le résultat fut une transformation progressive du paysage social et politique de la région.

Ainsi, l’ambiguïté des dates de fondation de Riga s’explique par le fait que différentes sources historiques mettent en relief divers aspects et étapes de l’événement : de l’activité missionnaire précoce de MeinGard (aux alentours de 1186) aux actions d’Albert qui consolidèrent le statut de la ville au début du XIIIe siècle (entre 1200 et 1201 et au-delà). Globalement, ces événements – le baptême des païens, la construction d’une église, l’organisation d’une puissance militaire à travers des ordres (les épée porteurs ou chevaliers aux épées) et les premières initiatives commerciales et politiques – contribuèrent à la formation du noyau qui devint la base du développement futur de Riga.

Les Racines Conflictuelles de Riga

261260259258257256255254253252251250249248247246245244243242241240239238237236235234233232231230229228227226225224223222221220219218217216215214213212211210209208207206205204203202201200199198197196195194193192191190189188187186185184183182181180179178177176175174173172171170169168167166165164163162