Les habitudes volitives et émotionnelles : clés du développement de l'
Pendant l'enfance, les habitudes liées à la volonté et aux émotions exercent une influence très différente sur le développement mental, intellectuel et social. D'une part, les habitudes issues de l'activité volontaire jouent un rôle positif dans le développement psychique de l'enfant. Lorsque l'habitude se forme grâce à un effort conscient et concentré, l'énergie intellectuelle, auparavant utilisée pour la régulation volontaire des mouvements, est libérée et peut être employée pour des travaux plus créatifs et spirituels. Cela favorise un développement mental plus rapide et économique, car de nombreuses actions deviennent mécanisées et ne nécessitent plus un contrôle conscient constant.
Comme le souligne l'une des sources : "Comment expliquer une telle différence d'influence entre les habitudes ?C'est parce que l'apparition de l'habitude affaiblit et repousse la participation consciente dans le mouvement — ce qui conduit à la mécanisation et à l'automatisation de l'activité. Si l'habitude se développe à partir d'une activité volontaire, l'énergie intellectuelle, qui était nécessaire à la régulation volontaire des mouvements, devient libre et se consacre à un travail spirituel supérieur. Plus nous avons d'habitudes « volitives », plus nous réalisons des mouvements sans l'intervention de la conscience, et plus d'énergie reste pour un travail spirituel supérieur. En ce sens, le développement des habitudes a l'influence la plus favorable sur notre maturité mentale. Ainsi, l'importance des habitudes dans la psychologie de l'enfance devient évidente; plus un enfant possède d'habitudes réussies et précieuses, plus son développement mental s'effectue facilement, de manière économique et rapide." (source : lien txt, page : 275)D'autre part, les habitudes émotionnelles peuvent avoir un effet négatif, surtout lorsqu'elles deviennent le mode de comportement dominant. Lorsqu'un enfant instaure des attitudes émotionnelles durables, sa capacité à vivre une expérience sensorielle riche et vivante diminue progressivement. Cela conduit à l'émoussement du sentiment et à l'affaiblissement de l'énergie créatrice propre à la sphère émotionnelle. Ce phénomène peut se constater tant au niveau du développement mental que sur le plan intellectuel et dans les interactions sociales. Le matériel pédagogique précise : "Mais outre l'influence très précieuse des habitudes sur le développement mental, elles peuvent également avoir une influence négative. Je ne parle pas seulement des mauvaises habitudes « volitives », mais surtout de celles dites « émotionnelles », les attitudes émotionnelles habituelles. Dans ce cas, le sentiment lui-même s'estompe, devient mentalement impuissant, comme s'il se décolorait, s'érodait et perdait sa force créatrice. Le développement des habitudes dans ces deux directions se fait différemment, tout comme l'influence des habitudes ainsi formées sur la vie mentale est diverse." (source : lien txt, page : 275)De plus, l'impact négatif des habitudes émotionnelles se reflète également sur le développement social. La réceptivité émotionnelle est considérée comme une condition fondamentale pour une communication sociale épanouie. Si l'enfant adopte des attitudes émotionnelles figées, sa capacité à éprouver de l'empathie et à engager activement des interactions sociales diminue, ce qui conduit à une réduction de sa participation sociale et de son initiative. Ceci est illustré par l'extrait suivant : "Le développement des habitudes « émotionnelles » retarde l'évolution des sentiments et les enfonce au plus profond de l'âme. Le sentiment s'affaiblit, et avec lui la force créative qui lui est intrinsèque ; l'apparition d'habitudes dans la vie émotionnelle est dangereuse pour la fraicheur créatrice, pour la vie créative. Lorsqu'on aborde ce sujet, il est principalement développé dans la psychologie de la création chez les adultes, notamment dans la psychologie de la création artistique, — mais cette question revêt une importance non moindre, voire parfois supérieure, dans l'histoire de la maturation psychique de l'enfant. Et l'enfant, en s'enchaînant aux habitudes « émotionnelles » — bien que ce processus soit, fort heureusement, très complexe et lent chez l'enfant — perd sa force créatrice : les formes expressives se mécanisent, et par l'établissement des habitudes, la source de force créatrice se trouble, voire s'épuise — et l'enfant passe d'un état vivant, actif et doué à un état passif, incapable, apathique." (source : lien txt, page : 276)Il est important de noter que le développement social complet nécessite non seulement des qualités volitives et intellectuelles bien développées, mais avant tout des sentiments sociaux vivants et authentiques, capables de contrer l'inertie sociale. Si les habitudes émotionnelles prédominent, l'enfant peut perdre son initiative et son intérêt pour les interactions sociales, comme le confirme l'observation suivante : "Parmi les signes d'affaiblissement de la conscience de soi et de la volonté, on peut citer une baisse de l'initiative, une diminution de l'intérêt pour la pluralité des situations et l'absence de motivation à participer activement à la vie sociale. Si l'enfant subit un déficit d'impacts émotionnels positifs provenant de son environnement, il en résulte de l'indécision et de l'apathie, qui diminuent l'énergie intense et le mûrissement rapide et réfléchi. Toutefois, une attention particulière portée aux habitudes sociales et émotionnelles peut remédier à cette situation." (source : path_to_file, page : 275)Ainsi, on peut conclure que, durant l'enfance, la formation d'habitudes volitives favorise une utilisation optimale de l'énergie mentale et intellectuelle par l'automatisation des actions routinières, ce qui permet de se concentrer sur des tâches de développement plus créatives et élevées. En revanche, la prédominance des habitudes émotionnelles peut conduire à l'affaiblissement des sentiments, à une baisse du potentiel créatif et à une détérioration des interactions sociales, affectant négativement la maturation psychique globale de l'enfant.