Stratégies alternatives : Transformation et incertitude
L’intégration de stratégies alternatives peut apporter aux plans minutieusement élaborés à la fois de nouvelles opportunités d’adaptation et de transformation, ainsi qu’un élément significatif d’incertitude et de risque. D’une part, l’élargissement de l’éventail des stratégies souligne que la réalité est structurée de telle manière qu’elle comporte toujours de multiples voies de développement. Par exemple, l’un des textes déclare :« La topologie de la réalité est toujours bifurquée, elle inclut la possibilité de différents scénarios de développement – ce qui signifie que, outre la dynamique de vénération, d’autres types de dynamique globale sont nécessairement possibles. Ces alternatives à la dynamique de vénération peuvent être décrites dans le cadre de la même paradigme méthodologique, lorsque les stratégies globales se constituent comme des généralisations (projections, extériorisations, extrapolations…) des stratégies anthropologiques. Une telle approche anthropocentrique peut être interprétée comme une sorte de renforcement du principe anthropique, et de nos jours, alors que le phénomène humain devient un facteur global de plus en plus important, sa légitimation s’accroît. Dans le modèle anthropologique que nous développons, nous introduisons le concept fondamental de la Frontière Anthropologique – la zone des phénomènes limites de l’expérience humaine, où les frontières de cette sphère sont atteintes et où les caractéristiques déterminantes, les prédicats de l’existence humaine dans ses formes empiriques habituelles, commencent à changer. En suivant la méthode philosophique classique consistant à définir un objet par sa frontière, nous définissons l’homme dans la dimension de l’énergie (être-action) comme « un ensemble de stratégies orientées vers la Frontière Anthropologique ». La pratique spirituelle est la seule de ces stratégies qui se dirige vers une transformation ontologique actuelle ou, autrement dit, vers la Frontière Anthropologique ontologique. »D’autre part, l’intégration de stratégies alternatives impose aux plans des risques supplémentaires, puisque la voie de leur mise en œuvre est souvent accompagnée d’une incertitude fondamentale. Cela se reflète dans l’extrait suivant :« La tâche de l’Alternative, la stratégie alternative, se présente comme bipolaire : elle est, dans une certaine mesure, mienne, m’appartenant, consistant à ce que je me transforme radicalement, mais elle est également relative à l’Autre, elle concerne tout le monde et pour chacun.
Mais comment cela peut-il être ?En me transformant, puis-je transformer l’ensemble ? Certes, il n’existe ici aucune « garantie de l’impossibilité » : ce qui doit être transformé – les prédicats fondamentaux universels, qui sont aussi mes propres prédicats – est en moi, et en me transformant, je pourrais, en principe, permettre leur transformation. Mais… encore un très grand MAIS, une distance à peine perceptible se dessine entre « l’absence de garantie de l’impossibilité » et « la perspective d’une réalisation concrète ». Ainsi se dessine le statut de l’Alternative. Son impossibilité est indémontrable, tout comme sa possibilité et sa faisabilité. L’homme peut la choisir – mais cela restera, toujours et fondamentalement, un risque existentiel, un pari à la manière du pari de Pascal, une entreprise aux issues ouvertes. Cependant, ce que l’on peut dire de l’Alternative ne se résume en rien à une simple réflexion théorique sur ses possibilités et ses préconditions : car, à travers toutes les époques, dans toutes les sociétés et cultures, l’Alternative, ces stratégies alternatives d’existence, demeurent un phénomène concret et vivant. Sous quelles formes, sous quels aspects, ces stratégies se manifestaient-elles ? Pour reprendre une vieille formule, « le lecteur perspicace s’en est déjà longtemps aperçu » : notre Alternative n’est rien d’autre que ce que l’on appelait jadis le Salut. »Ainsi, l’intégration de stratégies alternatives dans des plans soigneusement élaborés peut apporter une diversité bénéfique et accroître l’adaptabilité du système aux conditions changeantes. Cependant, ce processus est associé à un risque existentiel considérable, puisque le vecteur alternatif de développement ne garantit pas toujours le succès et peut devenir une source de conséquences imprévisibles. Par conséquent, afin d’assurer la stabilité et l’efficacité des plans, il est nécessaire d’évaluer soigneusement comment ces nouvelles stratégies s’intègrent dans le système existant et dans quelle mesure les risques potentiels peuvent être maîtrisés.