Dualité dangereuse : théologie et philosophie en tension
Dans la confrontation effrénée de l’époque, une dangereuse dualité des courants intellectuels s’est manifestée. D’une part, la théologie systématique et institutionnalisée, capable de renforcer le pouvoir grâce à une collaboration organique avec les structures étatiques et ecclésiastiques, devenait un argument en faveur des ordres établis. Une telle intégration permettait de transmettre des valeurs spirituelles, unifiant et consolidant la société sous le patronage d’institutions puissantes.D’autre part, les philosophes, jouissant d’une influence politique considérable, ne ménageaient aucun effort pour détruire les fondements traditionnels de l’appareil d’État. Leurs idées radicales, proposant une refonte extrême de l’ordre social, étaient perçues comme un défi au système établi et pouvaient entraîner des conséquences imprévisibles pour l’ensemble de la société. Le conflit acharné entre les doctrines théologiques appuyées et les postulations philosophiques révolutionnaires soulignait la divergence des priorités et des méthodes de renforcement de l’État.En fin de compte, lorsque la légitimité du pouvoir reposait sur des institutions éprouvées par le temps et sur la fusion de l’enseignement spirituel avec la politique étatique, les idées innovantes – et parfois déstabilisatrices – des philosophes suscitaient des inquiétudes quant à la stabilité de la société. Ce litige intense entre visions du monde reflétait un équilibre complexe entre tradition et innovation, chaque courant cherchant à s’imposer dans l’histoire en dépit des défis et des changements constants.
Pourquoi la théologie bénéficiait-elle de soutien alors que les philosophes, détenant le pouvoir politique, étaient souvent persécutés?La théologie recevait du soutien parce qu’elle s’intégrait naturellement dans le système de pouvoir existant et coopérait avec les institutions étatiques et ecclésiastiques, tandis que les philosophes, investis d’une autorité politique, promouvaient souvent des idées qui remettaient en cause les formes établies de l’appareil d’État.D’une part, la théologie était perçue comme un moyen de transmettre la parole de Dieu et de consolider les fondements de la société par des enseignements alignés avec l’Église et l’État. Cela se confirme par la citation suivante : « La théologie de Léontius, comme on pouvait s’y attendre, rencontra un puissant soutien de l’empereur Justinien et une sympathie marquée dans les sphères ecclésiastiques. Le meilleur appui lui fut donné par les décisions du Cinquième Concile œcuménique… » (source: lien txt). Cette approbation démontre que les idées théologiques servaient à édifier un socle culturel et idéologique commun qui ne menaçait pas l’ordre établi, bien au contraire, il le renforçait.D’autre part, les philosophes proposaient fréquemment des constructions théoriques perturbant les formes traditionnelles et naturelles de l’État. Leurs idées étaient perçues comme des menaces à l’ordre social et à la stabilité. Ceci est illustré par la citation suivante : « Les philosophes, qui, par leurs théories, détruisaient les formes naturelles des États, et les utopistes ainsi que les fanatiques, réalisant dans la vie les chimères des philosophes, apportèrent le malheur à leurs peuples. Jamais personne n’apporta autant de désastres à son peuple que les philosophes et les utopistes sociaux, convaincus de la possibilité d’une transformation radicale de la vie selon leurs prescriptions sociales. » (source: lien txt).Ainsi, dans un contexte où le soutien apporté à la théologie légitimait le pouvoir via des institutions établies et où les idées révolutionnaires des philosophes pouvaient saper les fondements de la stabilité étatique et sociale, une nette différence dans l’attitude à leur égard se dessinait : la théologie était soutenue, tandis que les philosophes étaient fréquemment pourchassés pour leurs propositions déstabilisatrices.