L'immortalité : Entre aspiration divine et réalité fatale
Dans le monde moderne, le désir humain d’une vie éternelle suscite des débats passionnés et des réflexions profondes. D’un côté, tenter d’éliminer la mortalité biologique semble être une étape logique pour dépasser les limites de notre existence physique. Cependant, même en cas de percée dans ce domaine, la finitude, en tant qu’élément de la réalité qui nous entoure, demeure inviolable, car toute chose, qu’elle soit dans un état physique ou non, reste soumise à la destruction et à la disparition.D’un autre côté, la quête de l’immortalité est profondément ancrée dans notre essence et est perçue comme une partie intégrante de l’esprit humain. Ce désir n’est pas une invention extérieure, mais est inscrit en nous dès le commencement, reflétant notre nature divine et notre irrésistible aspiration à l’infini. C’est dans cette quête que l’homme cherche le sens de son existence, s’étendant vers des idéaux supérieurs qui rendent sa vie unique.Cependant, l’analyse montre que la réalisation de l’immortalité pourrait entraîner d’importants changements sociaux et culturels. Un monde dépourvu de finalité risque de perdre ses repères traditionnels, menant à des conflits et sapant la motivation qui confère à chaque instant de vie sa valeur. Dans ce contexte, la longue durée de l’existence, en l'absence de fin, pourrait nous priver de l’unicité des réalisations historiques et des exploits créatifs, puisque c’est précisément leur caractère éphémère qui leur confère leur véritable valeur.Ainsi, bien que le rêve d’immortalité nous attire par ses idées et ses promesses, sa concrétisation pourrait avoir des répercussions imprévisibles pour la société. La quête d’une vie éternelle demeure un phénomène double : elle inspire l’homme à repousser ses limites, mais recèle aussi le risque de perdre les repères qui donnent à chaque moment de notre vie son caractère unique.
Dans quelle mesure la quête de l’immortalité est-elle judicieuse et quelles pourraient en être les conséquences pour la société ?À partir de ces réflexions, la pertinence de poursuivre l’immortalité apparaît comme extrêmement ambiguë. D’une part, l’idée de surmonter la mort dans un sens purement biologique se révèle erronée, car même si l’on parvenait à éliminer la mortalité biologique, la finitude – en tant qu’élément de la réalité universelle – ne disparaît pas. Comme il est noté : « L’apparition d’un être biologiquement immortel signifie-t-elle véritablement la conquête de la mort ? La réponse ici est catégoriquement et résolument non. Tout élément de la réalité ici-bas, qu’il soit sujet ou non à la mortalité biologique, peut être détruit, annihilé. » (source : lien txt)D’autre part, la quête de l’immortalité est profondément inscrite dans la nature humaine. Elle se présente comme un élément ontologique inhérent à l’homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu : « L’homme est complètement submergé par ce désir, car il a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. La divinité inhérente à l’esprit humain le pousse à s’étendre vers l’infini divin, à en éprouver la nostalgie. » (source : lien txt) Il est également noté que ce désir est inscrit dans la nature même de l’esprit humain : « Il est aussi évident que cette aspiration à l’infini n’aurait pu être imposée de l’extérieur, puisque tout ce qui entoure l’homme est limité et fini… Le désir de l’homme pour l’infini et l’immortalité est inhérent à la nature même de son esprit. » (source : lien txt)Cependant, les conséquences d’une telle quête pour la société pourraient s’avérer graves. En imaginant un monde où l’immortalité serait réalisée, il existe un risque de voir s’effondrer les repères sociaux et culturels. Par exemple, il est évoqué que les immortels pourraient « se livrer activement à l’extermination mutuelle », soulignant ainsi l’intensification potentielle des conflits et des aspects négatifs de la nature humaine (source : lien txt). De plus, une existence prolongée sans fin pourrait dévaluer le sens des réalisations historiques et des accomplissements créatifs, puisque c’est précisément leur caractère limité qui leur donne toute leur valeur : « Si, au lieu d’une dame mondaine ou d’un joueur, nous prenions, à l’opposé, de grandes personnalités, des génies qui ont offert à l’humanité des œuvres immortelles ou changé le destin de peuples, nous verrions que le contenu de leur vie et leurs fruits historiques n’ont de sens que comme des faits ponctuels, et que dans la prolongation infinie de l’existence individuelle de ces génies, leur présence sur terre perdrait toute signification. » (source : lien txt)Ainsi, bien que la quête de l’immortalité reflète le désir fondamental de l’homme de surmonter les limites du monde matériel et de retrouver une forme d’éternité, sa mise en œuvre pourrait s’avérer destructrice pour les fondements de la vie sociale et culturelle. Même si l’immortalité était atteinte, elle n’éliminerait pas la menace de destruction, mais pourrait au contraire mener à des conflits sociaux et à une perte de la motivation qui fait de chaque instant de la vie quelque chose de précieux.