L'écho des anciens rites : La légitimité du « pop » face aux réformes
La seconde moitié du XVIIe siècle a été marquée par des bouleversements dans le monde ecclésiastique, et Avvakoum fut à la fois témoin et acteur de ces processus. C'est précisément durant cette période, alors que les formes traditionnelles de liturgie se heurtaient aux nouvelles idées réformatrices, qu'il s'efforçait de conserver l'esprit du passé en attachant de l'importance à une véritable dévotion aux anciens canons.La majeure partie de ses lettres n'enregistraient pas simplement une nouvelle réforme ecclésiastique – elles reflétaient un profond conflit intérieur entre les nouveaux ordres et les traditions immuables. Avvakoum utilisait le terme « pop » pour désigner les prêtres qui, malgré l'officialisation des nouveautés, demeuraient fidèles aux anciens rites et à leur ministère. Pour lui, ce titre revêtait une signification particulière : il symbolisait non seulement la consécration sacerdotale, mais aussi un véritable service investi d'âme et de passion dans la sauvegarde des traces de l'ancienne spiritualité. Même parmi les prêtres nouvellement ordonnés, il y en avait qui cherchaient à rétablir les rites ancestraux afin d'obtenir un statut méritant respect pour leur dévotion et leur abnégation.En conclusion, on peut affirmer que le concept de « pop » dans les écrits d’Avvakoum représente bien plus qu’un simple titre – il s’agit d’une reconnaissance des valeurs spirituelles éternelles. Dans un contexte de tumulte ecclésiastique et de dissensions, l’émergence d’un tel terme incarnait l’espoir d’une continuité et d’une union, où le véritable clergé se rassemblait autour d’un amour sincère pour le passé. Cette vision non seulement reflétait la réalité historique, mais continue de nous inspirer dans la quête d’un équilibre entre modernité et traditions éternelles.
Comment le nom « pop » pour les prêtres est-il apparu, et quelles circonstances culturelles ou historiques ont favorisé son émergence ?Avvakoum, dans ses lettres datées de la seconde moitié du XVIIe siècle, illustre une période complexe de transformations ecclésiastiques, durant laquelle s’opérait une division entre le service traditionnel et les nouveaux ordres. Le terme « pop » était spécifiquement employé pour désigner les prêtres qui, malgré la nouveauté de leur ordination, restaient en lien avec les formes traditionnelles de liturgie caractéristiques de l'ancien régime.Ainsi, dans l'une de ses lettres aux « Esclaves fidèles », Avvakoum écrit que même si les prêtres nouvellement ordonnés servent selon les anciens livres, ils peuvent néanmoins être perçus comme des « pop » : "…et c'est sur cela que le nouveau pop sera jugé. Si ce pop maudit [les] Nikoiens et leur ministère, et aime profondément le passé, compte tenu des nécessités de notre époque, alors il sera un pop ! Comment le monde pourrait-il se passer de pop ? Allez dans ces églises !" (source: lien txt)Cela montre que le terme commençait à être employé pour désigner les prêtres dont l’action était liée à la préservation des traditions et des rites anciens, malgré les innovations officielles dans l'ordre ecclésiastique. Avvakoum cherchait à maintenir « le passé » et soulignait l'importance des prêtres pour qui l'ordre traditionnel demeurait la référence d'un véritable clergé.Par la suite, dans une lettre adressée à l’abbé Iona, il précise que même ceux qui avaient été ordonnés dans le cadre des nouveaux ordres pouvaient revêtir le statut de « pop » à condition d’un service particulier – lorsqu’ils, ayant versé leur sang pour l'ancien piétisme et ayant ensuite reçu une consécration supérieure, retrouvaient entièrement les traditions liturgiques : "Mais il fait exception pour ces prêtres 'nouveaux', qui verseront leur sang pour l'ancien piétisme et seront en outre sanctifiés par la consécration supérieure, et 'sera alors un pop parfait : qu'il médite la liturgie, et qu'il communie librement'" (source: lien txt)Ainsi, le terme « pop » ne s’est pas imposé tant comme une fonction officielle que comme une dénomination populaire et informelle pour des prêtres véritablement dévoués aux rites anciens. Dans un contexte de turbulences culturelles et historiques, lorsque les réformes ecclésiastiques divisaient le clergé en « nouveaux » et en partisans de l'ancien régime, le nom « pop » devint le symbole d'une continuité et d'une fidélité aux traditions, reflétant les profondes émotions religieuses et sociales de l'époque.